image_pdfimage_print

Implantation

C’est au cours de la décennie 1950-1960 que le français Me BARBIER ouvrit dans la ville de Nkongsamba un club de judo, karaté et haltérophilie. Il enseigna à ses étudiants les trois disciplines de façon groupée et fit la promotion d’une mode qui voulait que les pratiquants d’arts martiaux soient des éphèbes sculptés dans du marbre.
S’inspirant de leur maître, certains étudiants de Me BARBIER ouvrirent des clubs à Yaoundé et Douala. C’est ainsi que Me POUTH POUTH établit le premier club de Yaoundé dans le quartier de Nkolndongo.

Vulgarisation et ouverture internationale

Fort de ses quelques clubs créés ci et là par Me BARBIER et ses élèves, le judo connu un essor en termes d’image et de popularité dès 1960, année où le Cameroun l’emmena dans sa délégation aux Jeux de TANANARIVE (Madagascar). Le judo camerounais y fit bonne impression en se classant quatrième derrière la France, le Sénégal et le Mali. Après cette année d’ouverture à l’extérieur, s’en suivi cinq années fastes – de 1961 à 1965 – pendant lesquelles de plus en plus de clubs furent ouverts et l’haltérophilie fut progressivement abandonnée au profit des seules disciplines martiales qu’étaient le judo et le karaté. L’origine du divorce entre l’haltérophilie et les arts martiaux fut la présence à l’I.N.J.S. (Institut National des Sports) de Yaoundé d’un spécialiste de judo de nationalité française, Me ROCHEZ qui se mit à préparer une autre génération de judokas différente de celle des POUTH POUTH et s’affirmant parce qu’elle faisait prévaloir l’intelligence et la technique, la force arrivant en renfort pour se mettre au service des deux premiers éléments. Parmi les étudiants de Me ROCHEZ, on peut citer AKONO (devenu entraîneur provincial du Centre), ZANGA (en service au Ministère de la Jeunesse et des Sports – devenu Ministère des Sports et de l’Éducation Physique – ), ELONG (devenu docteur en médecine), NGONO et ASSALE (qui se lancèrent dans la promotion du judo).
L’ouverture internationale s’accentua dès 1961 où le Cameroun en judo prit part aux Jeux de Côte d’Ivoire, suivi par deux sorties à Dakar (Sénégal) en 1963 où aucune performance ne fut enregistrée et en 1964 où une médaille de bronze fut gagnée. L’apogée de l’ouverture internationale fut lors des premiers Jeux africains à Brazzaville (Congo) en 1965 où l’équipe camerounaise de judo sous l’encadrement de Me ROCHEZ remporta deux médailles d’argent (NDOUMBE et AKONO).

Transition

De 1966 à 1972, le judo camerounais a été sujet à une phase de maturation. Cette phase s’est observée à travers un net recul dans les compétitions internationales. En 1967 le Cameroun participa au quatrième championnat d’Afrique de judo qui se tint en Côte d’Ivoire, DOUMBISSI, ZING Lazare et leurs coéquipiers décrochèrent au total, deux médailles d’argent et une médaille de bronze. En 1968, le Cameroun remporta deux médailles de bronze au Championnat de judo de Tunis. Pendant cette période, les clubs proliférèrent sous l’impulsion de l’Institut de la Jeunesse et des Sports où Me ROCHEZ fut remplacé par Me HORTIN Christian.
En 1974, le Cameroun engagea un entraîneur national de nationalité japonaise Me TATANO à la place de HORTIN, rompant ainsi avec sa filière d’entraîneurs français. Seulement TATANO ne fit pas plus de dix-huit mois à la tête de cette équipe nationale, il fut remplacé par le français JACQ Patrick. Ce dernier fut cependant le dernier entraîneur étranger à diriger une équipe camerounaise, après son remplacement par LOBE.

Modernisation

Le judo camerounais après les bases organisationnelles que lui a donné le colonel Paul BOUTOULI lorsqu’il était président de la Fédération, a failli s’étrangler après son départ. La situation a été rétablie et améliorée par Me ABOLO BIWOLE Emmanuel, enseignant à l’INJS et entraineur national qui fut nommé au secrétariat général où il travailla de 1977 à 1982. Il a bien entendu avec le concours de toutes les autres forces du judo camerounais, réussi à créer une saison nationale des Arts martiaux avec ses championnats provinciaux et nationaux. Tout en menant cette lutte, il s’est employé à moraliser les milieux de la FECAJUDO et Disciplines Assimilées (DA) afin d’intégrer dans le comportement des pratiquants des valeurs qui étaient plus en phase avec celles du code moral du JUDO.
De 1982 à 2008, la fédération camerounaise de judo a tour à tour porté les noms de FÉDÉRATION CAMEROUNAISE DE JUDO KARATÉ ET DISCIPLINES ASSIMILÉES, FÉDÉRATION CAMEROUNAISE DE JUDO NANBUDO ET DISCIPLINES ASSIMILÉES, FÉDÉRATION CAMEROUNAISE DE JUDO. Pendant cette période elle a adopté des statuts différents dont les plus récents sont ceux de 2015 (adoptés le 17 Octobre 2015 lors de l’Assemblée générale extraordinaire tenue à l’hôtel AZUR au quartier Bastos à Yaoundé). Ces statuts confèrent à la FECAJUDO un bureau ayant a sa tête, un Président, un Vice-Président, un Secrétaire Général et un Chef du Département Finances, tous élus en assemblée générale sur scrutin uninominal.